Jérôme Delclos

Walter Benjamin et le rébus de Marseille

préface de Florent Perrier, dessins de Thomas Azuélos

VIENT DE PARAÎTRE

Couverture : impression typographique rouge et noire sur Keaykolour lin avec un dessin de Thomas Azuélos. Intérieur : impression numérique sur papier bouffant avec une fresque dessinée de Thomas Azuélos en couleur. Dos-carré-collé.

166 pages, format 16 x 22 cm

ISBN : 2-914363-29-X, 20 euros

Publié avec le soutien du Centre National du Livre

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en librairie le 3 mai 2024

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« Haschich, jeu, prostitution : au-delà des « expérimentations » dans un appartement berlinois ou sur la Canebière, à une table de roulette, sur le pavé de Marseille, Moscou, Naples ou Paris, Walter Benjamin s’avance au plus loin de ce qu’il pense sous les questions du temps, de l’espace, de l’histoire et de la mémoire. C’est dans cette endurance de la pensée, qui court toujours le risque de l’échec, du « manqué », des « défaites à grande échelle » que ne compensent pas les « victoires de détail », que se rencontre le philosophe. »

Á la fin des années 1920, Walter Benjamin a déjà écrit sur Berlin, Weimar, Paris, Moscou, Naples. Mais dans sa correspondance, il confie à plusieurs reprises la difficulté particulière qu’il éprouve à écrire sur Marseille, et sa fierté à y être parvenu : « j’ai lutté là comme avec aucune autre ville ». Jérôme Delclos part de cet aveu discret, mais suffisamment insistant pour le prendre au sérieux en le confrontant à l’ensemble des textes du philosophe et écrivain allemand sur cette « ville qui doit avoir des poils sur les dents ». Le corpus « marseillais », se révèle être un sésame ouvrant sur le labyrinthe que constitue l’œuvre acentrée du penseur. Un livre sur Marseille ? Pourquoi pas, mais à travers les fines lunettes benjaminiennes, c’est Marseille qui se défend et qui mord quand le Berlinois tente « d’en arracher une phrase ».

Nouvelliste et romancier, critique littéraire au Matricule des anges, Jérôme Delclos a vécu et travaillé six années à Marseille, dans le premier arrondissement à deux pas du haut de la Canebière. C’est durant cette période, de 2006 à 2012, qu’il a beaucoup lu, relu et ruminé Walter Benjamin pour décoder le rébus que constituent ses textes « marseillais ».
Préfacé par Florent Perrier dont les recherches sur l’utopie et Walter Benjamin font référence, le livre est mis en image par le dessinateur marseillais Thomas Azuélos.

Détail d’une fresque dessinée de Thomas Azuélos pour Walter Benjamin et le rébus de Marseille de Jérôme Delclos

BON DE COMMANDE

Bon de commande - Walter Benjamin et le rébus de Marseille

Quiero éditions c/o Marginales, Les Billardes, 04300 Forcalquier.
Chèque à l’ordre de « Marginales - propos périphériques ».


DOSSIER DE PRESSE

Walter Benjamin et le rébus de Marseille


Walter Benjamin et le rébus de Marseille

Une fois n’est pas coutume, je commencerai par dire quelques mots de la maison d’édition. Non pas seulement parce que Samuel Autexier, son créateur et sa cheville ouvrière (au sens propre comme au figuré : Sam s’est initié dès longtemps à l’art délicat de la typographie, qu’il maîtrise assez pour donner de superbes couvertures – et parfois même de superbes intérieurs – « au plomb » à ses livres), parce que Sam, donc, m’honore de son amitié, mais aussi et surtout parce qu’il mène sa barque en toute indépendance, loin des courants dominants de l’époque.

« Quiero, qu’il faut entendre comme “j’aime”, mais aussi comme, lorsque l’on joue aux cartes, “je prends” », se veut « affirmation d’une aventure » politique et artistique « qui place le sentiment amoureux au centre de son cheminement », écrit-il en présentation de son catalogue. Voici qui n’est pas pour nous déplaire. Cette petite maison d’édition a déjà publié André Breton, Simone Debout, Stig Dagerman, Charles Fourier, Jean Giono, Marcel Martinet et Harry Martinson, pour ne citer que les plus connus (ce que n’aimera certainement pas Sam, qui choie tout autant ses auteurs et autrices moins exposés à la lumière et qui est tout sauf un bon commercial). Bref, je vous laisse consulter son site internet, qui vous dira le reste.

Jérôme Delclos est philosophe, écrivain, traducteur. De lui, je connaissais déjà Coutures du silence, un recueil de nouvelles « américaines » paru en 2000 chez HB éditions, maison malheureusement aujourd’hui disparue. Il avait aussi publié chez le même éditeur un livre bientôt devenu culte, la traduction (de l’anglais états-unien) de L’Hospitalité des voleurs, du mystérieux Truxton Orcutt 1. On trouve encore des exemplaires d’occasion de ces deux livres sur le net. Je ne peux que vous les recommander. Jérôme Delclos a depuis publié plusieurs autres ouvrages, toujours disponibles et dont on trouvera la liste sur le site de Quiero. Il donne également des chroniques de critique littéraire au Matricule des Anges, revue plutôt appréciée, autant que je sache, par les amateurs/trices de littérature. Il a travaillé et vécu à Marseille durant quelques années, et c’est à ce moment-là qu’il a travaillé à cet essai sur Benjamin.

Dans sa préface que nous publions ci-après, Florent Perrier, bon connaisseur de Benjamin, rapporte ces paroles de l’auteur du Livre des passages qui écrivit au moins trois textes sur Marseille, dont le plus célèbre est probablement « Haschich à Marseille » : « J’ai lutté là comme avec aucune autre ville. Il est plus dur […] d’en arracher une phrase que de tirer de Rome un livre » (lettre à Hugo von Hofmannsthal). Je me demande si l’on ne pourrait pas en dire autant de Jérôme Delclos, mais pas à propos de Marseille, non, à propos du corpus de Benjamin sur Marseille, avec lequel il me semble avoir lutté comme avec aucun autre texte… Quoi qu’il en soit, le résultat est vraiment très intéressant. Si vous vous intéressez à Marseille, ou à Benjamin, ou aux deux, alors procurez-vous ce livre. Vous y découvrirez aussi « Bouche d’ombre et peau de bête », la préface sus citée, érudite et très utile pour aborder le texte de Delclos, et encore les très belles illustrations (sur la couverture et à l’intérieur) de Thomas Azuélos, le tout façonné en un très bel objet. Le livre paraîtra en mai.

franz himmelbauer, pour Antiopées, le 29 mars 2024.

1. Je vous recommande la belle (et désopilante, ce qui ne gâte rien) recension qu’en donna en 2008 l’amie Nathalie Quintane sur Sitaudis – recension que je ne découvre qu’aujourd’hui en rédigeant ces lignes, honte sur moi ! Oui, en fait, je ne vous l’ai pas dit, mais l’éditeur de HB éditions, à ce moment-là, c’était moi, et je suis encore très fier d’avoir publié ce livre.

Pour lire la préface de Florent Perrier, c’est ici…

À lire en ligne sur le blog Antiopées où se nourrit régulièrement le site de lundi matin.

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Trois questions à… Jérôme Delclos

« Auteur de nouvelles, de romans décalés, d’essais philosophiques qui le sont tout autant, il est depuis cinq ans membre de la rédaction de la revue mensuelle de littérature Le Matricule des anges, pour les rubriques Littérature française, Littérature étrangère, Essais et Histoire littéraire. De façon générale, il se définit volontiers comme un lecteur de Curiosités. Il en écrit aussi. »

À lire sur le site de l’Agence régionale du livre…

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Le feuilleton de Tiphaine Samoyault - 10 mai 2024

Le flâneur de Marseille

Notre feuilletoniste a lu ce bel essai, qui cherche à comprendre pourquoi la cité phocéenne a résisté au sociologue, à partir de ses quatre textes sur cette ville.

« J’ai lutté là comme avec aucune autre ville », écrit Walter Benjamin à Hugo von Hofmannsthal en juin 1929 à propos de Marseille, où il fait plusieurs séjours. La lutte prend la forme d’un corps-à-corps terrible avec une bête marine à fourrure, comme il l’écrit dans l’un des textes consacrés à la ville : « Marseille. Jaune denture de phoque grande ouverte, et l’eau de mer qui dégorge de sa gueule… » Il ajoute même dans une lettre à Alfred Cohn : « Je ne sais si le pelage tacheté de la bête féroce porte encore les traces de notre combat acharné, mais pour ma part, les poils de l’animal me sont restés coincés entre les dents. »

Qu’est-ce qui rend Marseille si pugnace, si difficile à saisir ? Le livre de Jérôme Delclos ­cherche à résoudre cette énigme en lisant de très près les quatre textes que Walter Benjamin (1892-1940) a écrits sur la ville entre 1928 et 1932 : un article, « Marseille », publié dans une revue suisse ; une nouvelle ­intitulée « Myslowitz-Braunschweig-Marseille » ; « Haschich à Marseille », qui paraît en 1935 dans Les Cahiers du Sud ; auxquels il faut ajouter un texte publié à titre posthume, 29 septembre [1928] ­Samedi. Marseille. Alors que Benjamin a déjà écrit sur beaucoup d’autres villes, Moscou, Paris, Weimar ou San ­Gimignano, celle-ci lui résiste.

Suite de l’article de Tiphaine Samoyault à lire sur le site du Monde

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