Né en 1932 à Paris

Jacques Le Scanff

Mort le 14 octobre 2025 à Paris

Jacques le Scanff , peintre, poète et éditeur.

Jacques le Scanff tente dans sa peinture « de marier la description des lieux avec celle des visages rencontrés ou rêvés ». Il peint depuis longtemps des paysages sous l’influence des collines de Haute Provence qu’il a longuement parcourues.
« Amas de rochers, de sentes, de landes et de nuages qui ont colonisés ma peinture et, plus récemment, des portraits… »

Ses expositions peu fréquentes ont eu lieu à Paris où il vit, à Genève, Aix-en-Provence, Forcalquier, Bordeaux… Il y présente ses dernières toiles et dessins ainsi que son travail d’éditeur avec la revue puis les éditions du Préau des Collines. Le Bleu des émeutiers est un recueil extrait de carnets qu’il tient en parallèle à son travail de peintre.

J’apprends par ses enfants que Jacques le Scanff vient de nous quitter au milieu du mois d’octobre 2025. Lire plus bas l’hommage de Jean-Paul Bota.

La merveilleuse tendresse de Jacques Le Scanff me paraît compter au nombre des figures les plus dignes d’être la dédicataire de cette confiance dans les pouvoirs de quelques traces d’encre. Un tout jeune homme, assurément, à quatre-vingt un ans de beaucoup passés, l’hôte de la galerie Première Ligne qu’en ce jour nous louons.
Une vie entière donnée à l’amitié, à la peinture, à la photographie, aux livres. Cet infatigable découvreur, nativement porté à la réserve quant à soi, n’aura eu de cesse de donner ce qu’il n’avait pas (nous nous rendons sans résistance à cette profonde définition freudienne de l’amour) jusqu’à incarner de tout son être, dans le moindre des actes d’une vie qui en est pleine à ras-bord, l’impossible voeu de ce « grand brûlé », qui a été son proche : « l’enjambement conséquent du roman de la langue à l’amitié ».

Jean-Paul Michel, poète et éditeur de William Blake & co


Quelques parutions récentes :

  • La Peur de peindre (texte et peinture de Jacques Le Scanff), Fario, 2022.
  • Revue Animal n°2 (peintures de Jacques Le Scanff) parution annuelle, 2022.
  • Noir d’images ( texte et photos de Jacques Le Scanff), Le Préau des collines, 2018.
  • Le Pitre : ses mots issus d’un ciel de suie (dessins, peintures et texte de Jacques Le Scanff), Le Préau des collines, 2018.
  • Claude-Louis Combet, Invités de la Nuit. Sur quelque « visages » de Jacques Le Scanff, Fario, 2017.
  • Jean-Paul Bota, Carnets d’automne (accompagné par les dessins de Jacques Le Scanff), Propos 2 éditions, 2016.
  • Jean-Paul Bota, La pluie à la fenêtre du musée ; L’oreille d’Arles, etc. (accompagné par les dessins de Jacques Le Scanff), Propos 2 éditions, 2016.
  • Revue Les Cahiers dessinés (dans l’atelier de Jacques Le Scanff), 2016.
  • Le Bleu des émeutiers (encres de l’auteur), Quiero, 2015.
  • Miettes de maquis (texte et photographies de Jacques Le Scanff), Le Préau des collines, 2005.
  • Christiane Veschambre, Haut jardin (photographies de Jacques Le Scanff), Le Préau des collines, 2004.
  • Marcel Cohen, Deux textes sans titre et huit photos de Jacques Le Scanff, Le Préau des collines, 2003.


Pour saluer Jacques le Scanff

Jacques Le Scanff, né en 1932, vient de mourir. Il laisse orpheline une communauté d’écrivains, de poètes et de peintres qui reconnaissaient son grand talent, son œuvre de peintre, d’écrivain et de revuiste. Il a porté une superbe revue – Le Préau des collines – et une maison d’édition du même nom. Jean-Paul Bota qui a dirigé avec lui la revue rend hommage à un homme à la curiosité douce et inlassable, qui offrait une attention extraordinaire aux autres et au monde, et qui nous manque déjà.

Une fin qui n’en est pas

Nous étions quelques-uns à être venus lui rendre un dernier hommage le mardi 21 octobre à son atelier de la rue de Choisy. Parmi eux, ses amis les plus fidèles et ceux qui avaient pu se déplacer : François Boisivon, partisan de la première heure, venu spécialement de Bordeaux, Vincent Pélissier, Denis Martin et sa femme, mais aussi les ombres qui l’avaient naguère côtoyé : Mathieu Bénézet ou Geneviève Hutin… – tous trop tôt en allés. Aux murs, figuraient encore les portraits de sa dernière exposition et bien sûr quelques montagnes de Lure. Tout rappelait naturellement à ses activités : des livres siens, des revues où il avait publié… et évidemment l’odeur de la peinture. Des photos s’étageaient aux vitres de l’atelier que la nuit avait gagnées, d’autres attendaient sagement dans des albums mis à disposition par la famille que les convives viennent les réveiller de leur passé et se remémorer les moments vécus ensemble, au Marché de la Poésie ou ailleurs. Car qui n’avait pas en mémoire tel ou tel moment mémorable partagé avec l’hôte des lieux, disparu une semaine plus tôt mais encore bien présent évidemment dans les mémoires et dans nos mots ?

La suite de cet hommage sur le site d’Entrevues.