Au fil des jours d’une expérience théâtrale

septembre 2022

"Au fil des jours d’une expérience théâtrale" rassemble des extraits des journaux de bord des élèves de la classe de quatrième F, qui m’avait été confiée pour enseigner le français en 2016/2017. Ces journaux ont été tenus durant le travail préparatoire aux représentations de la pièce L’Ivrognerie de Tolstoï - Ce travail a bénéficié de l’intervention de la troupe « Métamorphoses », (Lanton).

9 octobre :
Je ne voulais pas du tout faire du théâtre. En fait, je me dis que jamais je n’oserai jouer devant les autres, me présenter devant les autres, que tout le monde se moquera de moi. (Anouck)
On est divisé en deux groupes. Chaque groupe travaille de son côté. Le texte, quand on l’a étudié en cours de français, je ne l’aimais pas trop. Mais aujourd’hui on a commencé à le mettre en place et je l’ai trouvé un peu mieux, surtout quand les paroles ont été vraiment dites par quelqu’un… et bien dites, ça donne mieux, c’est certain. (Samantha)
Les échauffements, c’est sympa : il y a le travail du corps, de la voix et de l’articulation.
Je n’aime pas le texte, il n’y a pas d’humour. Il est lourd et ennuyeux. Je suis beaucoup trop timide pour jouer devant tout le monde le jour de la représentation. (Léa P.)
Il va falloir qu’on se mette à travailler sérieusement… (Valentin R.)

16 octobre :
Tous les échauffements qu’on fait me permettent de moins être stressée quand on passe devant les autres. Et ça sert, parce qu’on a fait l’échauffement de la voix pour parler plus fort et quand on a joué, eh bien, avec mon groupe, on a parlé plus fort que la première fois. (June)
Ce qui me plaît vraiment, c’est les exercices de diction. (Elsa)
J’aime bien me mettre dans la peau d’une autre personne. (Elsa)
J’avoue que j’ai le trac quand je joue. J’essaie de surmonter cette peur. C’est assez dur, mais le comédien me donne des conseils et ça m’aide. (Valentin R.)

24 octobre :
Le théâtre, on m’a dit que ça aidait à prendre confiance en soi. En fait, ce n’est pas une expérience individuelle ; il faut, aussi, bouger, parler et respirer en fonction de l’autre, des autres qui jouent avec moi. On n’est jamais seul sur scène. (Rebecca)
Ce que je trouve de compliqué, c’est de prononcer les prénoms. (Nathan)

6 novembre :
Encore une séance d’articulation, c’est pas le top. (Pablo)
Les exercices d’improvisation, ça aide beaucoup. (Gaëlle)

9 novembre :
Il faut qu’on améliore notre niveau de voix, qu’on articule et que les fous rires qu’on a quand on passe devant les autres du demi-groupe cessent. (Maxence)
Une anecdote drôle, c’est quand pour improviser comme nous le demandait la comédienne, j’ai réussi à tenir en ne prononçant qu’une seule lettre, le x : ikkkkkssss. Ca a fait rire tout le monde. (Thomas S.)

16 novembre :
Au fur et à mesure que les séances passent, j’apprécie un peu plus le théâtre. Je ne dirais pas que j’aime le théâtre, mais je l’apprécie. (Marine).
On a joué à un jeu, où il fallait fermer les yeux et se déplacer sans percuter personne. cela nous entraîne à écouter le bruit des pas et des respirations. Comme ça, quand on joue, après, on est habitué à écouter les respirations pour savoir quand la réplique commence ; en effet, on prend toujours une inspiration avant de parler. (Pauline)

23 novembre :
Pour ce qui est d’apprendre le texte, au début, ça m’a un peu fait peur. Mais, à force de l’entendre et de le jouer, je l’ai appris très facilement. Au début, je ne voulais pas l’apprendre parce que je me disais que ça ne servait à rien d’apprendre des phrases que je ne comprenais pas bien. Mais petit à petit, j’ai compris la pièce et je l’ai apprise. Maintenant, je connais le texte. (Anouck)

30 novembre :
Grâce au théâtre, je me suis rapproché d’autres personnes de mon groupe et de la classe. Et puis, notre classe est plus soudée qu’avant. (Pablo)
Le texte est dur, c’est pour cela qu’il faut bien le jouer. (Elsa)
On a décidé, avec mon groupe, de se voir en dehors des cours. Mais c’est dur parce qu’on n’habite pas au même endroit et, au collège, il n’y a pas toujours une salle de libre. (Valentin R.)

7 décembre :
Tous les lundis, théâtre. C’est bien plus strict que je ne le pensais. Il faut faire attention à tout : au placement, au rythme, à la respiration. (Rebecca).
On apprend de plus en plus de technique. (Emmanuelle)
On fait des choses bien, des choses mauvaises, on se dispute, jamais pour très longtemps, on s’entraîne, on continue pour nous améliorer. (Lucas)
Je me sens moins timide. Il me tarde de voir ce que ça va donner, notre pièce. (Manon)
Le comédien avec qui on travaille, nous aide. Il se met à côté de nous et nous dit de faire comme ça ou comme ça. Au final, on arrive bien à faire les exercices qu’il demande. C’est bien, les gens qui nous verront comprendront mieux le sens de la pièce. (Valentin C)

14 décembre :
Le Comédien nous a expliqué que si on voulait avoir l’air d’enfants battus, il fallait se rapprocher du personnage et se poser des questions sur la condition de vie de ces enfants : quoi ? Comment ? Où ? Quand ? Notre jeu doit faire comprendre le but des dialogues. (Marie)
Notre problème, du moins le mien, c’est de faire passer de l’émotion dans ma voix, pour ne pas que le texte soit vide. (Rebecca)
Bon, la pièce, elle ne me plaisait pas trop. Alors, le comédien m’a proposé de la jouer à ma sauce. A partir de là, moi et mon groupe, nous nous sommes vraiment mis au travail et on a adoré. On jouait la pièce à notre manière. On a appris notre texte, et ça c’était pas le lot de tous les groupes. Plein de groupes ont mis trop de temps à l’apprendre ce texte. Nous, c’est allé vite parce qu’on savait où on voulait aller. (Benjamin F.)
Toutes ces techniques, ces répétitions, tout cela, ça me donne confiance en moi. Même si je ne suis pas trop timide, quand même, sur scène, avec les comédiens derrière moi, je me sens plus libre de m’exprimer. (Nathan)

20 décembre :
Il faut beaucoup pousser la voix pour qu’on nous entende bien. je trouve ça dur de parler fort, surtout devant un public. (Gaëlle)
Je suis un peu trop timide. Ce projet m’a fait aimer le théâtre car avant, le théâtre, ça ne me disait rien. Maintenant, si. (Léna)
Ce qui me plaît, vraiment, c’est quand on regarde les autres jouer. Certains ont déformé le texte de manière familière. Regarder les attitudes des personnes sur scène peut donner des idées pour notre représentation. Ce qui est dommage, c’est que la pièce que l’on monte, ne ressemble pas à ce que j’imagine. (Elsa)
Avant, je n’aimais pas le théâtre, enfin, pas trop. En effet, sur scène, je me sens assez mal à l’aise. Maintenant, je trouve ça bien parce qu’à force de répéter, on se sent mieux. (Samantha)

4 janvier :
Les répétitions s’enchaînent ; l’ambiance s’est nettement améliorée. Dans notre groupe, on n’est pas prêts à affronter les regards et les critiques exubérantes des autres élèves. Ça tracasse, d’ailleurs, la plupart des groupes. (Léa B.)
Le jeu du miroir : c’est ce à quoi nous jouions en primaire. Face à face, nous devons préméditer les gestes de l’autre pour qu’il amorce son geste. Et nous, en retour, on harmonise le nôtre au sien. Et c’est ce qu’il faut faire sur scène. (Rebecca)
Nous, le thème, c’est de placer la pièce, aujourd’hui, à Marseille. Du coup, on s’entraîne à parler marseillais. Il nous faut donc travailler l’accent de notre voix. (Manon)
Moi, je ne suis pas dans le groupe, mais je travaille sur l’écrivain Tolstoï pour présenter sa vie et puis, aussi, j’essaie d’écrire un résumé de la pièce pour que ceux qui vont venir voir notre classe la jouer la comprennent mieux. (Maxime)
Plus que deux séances avant la fin des préparations avec la troupe Métamorphoses. Ensuite, ce sera les représentations devant les autres classes de quatrième. Nous sommes presque au point avec mon groupe. Presque et ça se passe très bien. (Timothé)
Mon groupe, on a retravaillé le déplacement pour ne jamais tourner le dos au public. C’est pas si facile ! Il faut faire en sorte que ce soit fluide pour que le spectateur ne soit pas désorienté. On se place en triangle comme disent les comédiens, mais une fois que c’est compris, il faut l’appliquer à toute la pièce. (Rebecca)
La difficulté c’est de trouver comment « s’occuper » quand on n’a pas la parole. Et comme on n’a pas d’accessoire, c’est encore plus dur. Et puis, mimer les gestes, ça c’est dur. (Jordan)
On va bientôt faire une représentation devant toutes les quatrièmes. Il me tarde et il ne me tarde pas… Je suis timide devant mon groupe, alors devant les autres élèves… (June)
Moi et mon groupe, nous nous amusons de plus en plus. Et on progresse de plus en plus, enfin, c’est l’impression que j’ai. Je suis bien plus à l’aise sur scène. (Benjamin F.)

11 janvier :
Pendant les répétitions de mon groupe, je représente une élève russe, jeune, curieuse, sérieuse. Corentin, c’est le maître d’école sérieux et protecteur qui est docte sur des sujets dont il est interdit de parler. (Léa B.)
Je n’aime pas trop quand on est tous ensemble dans une même salle. J’ai peur que les gens de la classe se moquent de moi. (June)
Avec mon groupe ça se passe mal. Quand je joue, les autres se moquent de moi dès que je fais quelque chose qui ne leur plaît pas. C’est pourquoi, je ne vais pas aux répétitions que le groupe a demandées en dehors des séances de théâtre. (Léa P)
Je me rends compte que le temps est passé bien trop vite et que j’aimerais bien que ça dure plus longtemps, ne serait-ce que pour être sûr de ne pas être ridicule lors de la représentation en public. (Pablo)
Notre version « marseillaise » nous plaît vraiment et elle plaît à ceux qui travaillent dans le même demi-groupe. Maintenant, en répétant, on s’amuse beaucoup. Avant on ne rigolait pas comme cela. C’est venu d’une improvisation que nous a faite faire la troupe. (Léna)
Je stresse un peu de devoir passer devant toutes les quatrièmes et au salon du livre. (Manon)

18 janvier :
Au théâtre, l’ambiance est sympathique. On a vu tous les groupes passer. Ce qui m’a le plus fait rire, c’est quand les quatre fantastiques sont passées ! (…) Elles ont fait l’accent marseillais ; c’était trop drôle, « fan de fifoune ! » (Lucas)
Tous les groupes sont passés. J’ai remarqué qu’on avait tous beaucoup progressé. Notre groupe n’est peut-être pas le meilleur. (Gaëlle)
On a vu les représentations de tout le monde. C’était marrant. L’équipe des stars n’est pas passée parce qu’il y avait des absents et c’est dommage, leur pièce est marrante. (Jordan)
Passer devant la classe, ça va ; mais passer devant des personnes que je ne connais pas, hum ! (Valentin R.)
J’espère qu’on pourra s’entraîner avant la répétition générale car nous ne verrons plus les comédiens et nous ne sommes pas totalement prêts pour jouer la pièce en public. (Samantha)