le sang amnésique

Essai de Provence XIX

健忘の血

Dors
dors mon petit Occident de pacotille
dors sur tes lauriers
trempés dans le sang amnésique
choisis tes oublis
tes chancres
tes élixirs de jouvence
exulte dans les draps fleuris de ton immunité

« Le Poème de Beyrouth »
Discours sur la colline arabe (1985), d’Abdellatif Laâbi


À quoi peut ressembler l’Art, sa fabrique et sa réception en période de complicité génocidaire ?

Une telle question risque la généralité, une réponse en terrain vague. Au contraire, on peut suivant une politique libérale ― individualiser la question ― la réduire à du développement personnel et artistique : « Eh bien moi ! j’amène de la beauté dans ce monde repoussant, les gens en ont besoin ! ». Toi peut-être, et les autres ?

Force est de constater que nous vivions dans un monde où cette question ne se posait pas nécessairement. Il y avait 1001 façon de rester indifférent au génocide en Palestine. Certaines façons plutôt intellectuelles, nécessitaient une adhésion idéologique au projet sioniste, celui qu’à grand frais le monde occidental et ses alliés, soutenaient depuis la création de l’État d’Israël en Palestine. En fait, il conduisait tout droit à un déni de génocide.
Ce sont les pratiques et les discours qui préservent notre indifférence vis à vis du sort des palestinien-es, qui nous questionnent ici. Notamment dans le domaine créatif et artistique, soit concernant notre imaginaire.
La question reste ouverte, nous en discuterons de vive voix bientôt, notre séjour au Pays du Soleil Levant 日本 se profile à l’automne. La lumière sera moins aveuglante que celle de l’été, plus froide et lucide. Entre temps, nous avons rassemblé des cartes à historiciser saisies dans un temps long, en sens inverse du flot d’actualités continue...


















At present times