Librairie La Balançoire
Rencontre avec Jérémy Beschon à Crest (26)
Jeudi 19 mars à 18 h

Rencontre avec Jérémy Beschon autour de son livre L’Éclat des fracas paru aux éditions Quiero en 2025. Lecture d’extraits du livre par Magali Contreras suivie d’une discussion avec l’éditeur.
Jeudi 19 mars à partir de 18 h à la librairie La Balançoire à Crest dans la Drôme.
Existe-t-il un lieu où sonne et résonne le fracas des différentes vies ? Et si écrire une ville, un quartier, une ruelle était le moyen de donner au chœur désordonné des vivants l’éclat de leur démesure ? En moins de cent pages les massacrés de la société sortent rincés par les éléments. Jérémy Beschon construit d’une phrase trouée de lumière le récit d’un quotidien en morceau.
L’Éclat des fracas de Jérémy Beschon.
Dessin de couverture de Anne van der Linden.
Question : L’Éclat des fracas, paru en août 2025 aux éditions Quiero, est présenté comme un premier roman. Peux-tu nous en dire plus sur le genre, la langue et le sujet de ce livre ?
Jérémy Beschon : L’Éclat des fracas est un roman composé de fragments de vies, d’éclat de vies, de vies qui éclatent. Comme le photographe ou le peintre peut figer le fracas d’une vague qui percute la roche ou d’un verre qui éclate au sol, j’ai voulu capturer l’instant où les individus se brisent et se révèlent. Au travail, ou bien chez eux à ne rien faire ; devant l’immensité lumineuse de la mer, comme à l’ombre d’une ruelle.
J’ai utilisé un langage le plus simple et le plus direct possible pour que le lecteur soit frappé soit frappé par la violence des émotions, par la rapidité, par la fulgurance de la perdition des personnages. Je pense qu’ il faut faire simple pour rendre la complexité des êtres et du monde.
Question : Tous les personnages de L’Éclat des fracas sont victimes d’un drame minuscule qui éclaire leur condition. Pourquoi insister sur cette lucidité, cette volonté de dépassement, ce refus d’une place dans la production ?
Jérémy Beschon : Je me suis demandé ce qu’ont en commun les gens qui ne se connaissent pas et qui souffrent en commun. Et je me suis dit que cela pouvait être ça : une rue, un quartier, une ville, des éléments qui se dressent, s’éteignent et renaissent quoi qu’il arrive… Les personnages, qu’ils soient femme de ménage, cadre supérieur, clochard ou manoeuvre, subissent une même perte de sens de leur existence, et cette perte de sens, ce grain de sable sous le capot, les rend plus clairvoyants que celles et ceux qui sont convaincus du bien fondé de leur existence et de leur productivité, et donc de la valeur de leur productivité.


