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	<title>Quiero &#233;ditions</title>
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	<description> Adresse postale : c/o Marginales - Les Billardes - 04300 Forcalquier. Adresse virtuelle : quiero.editions AT quiero.fr Diffusion-distribution en librairie Serendip-Livres &amp; Paon diffusion
Agenda - Nouveaut&#233;s - Catalogue - &#192; para&#238;tre - John Doe
Des blogs avec textures &#224; d&#233;couvrir tous les mois&#8230;
Inscription &#224; la lettre de diffusion des &#233;ditions Quiero</description>
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		<title>Quiero &#233;ditions</title>
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		<title>Marseille sous l'&#339;il nu de Walter Benjamin
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		<dc:creator>Samuel
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		<dc:subject>Emmanuel Loi
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		<dc:subject>Walter Benjamin
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		<description>
&lt;p&gt;Emmanuel Loi nous transmet cette d&#233;rive psychohistorique &#224; travers Marseille et Walter Benjamin qui fait &#233;cho &#224; la parution du livre de J&#233;r&#244;me Delclos, Florent Perrier et Thomas Azu&#233;los&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; des villes telles Naples ou Marseille qui remangent sans cesse leurs conjonctions et d&#233;jections, le nouvel arriv&#233; se d&#233;couvre livr&#233; &#224; de nouvelles astreintes : qu'apportes-tu dans tes malles, que nous offres-tu en &#233;change de ta pr&#233;sence ? &#201;crire Marseille et non pas &#233;crire sur Marseille est un d&#233;fi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Mordicus par Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?mot152" rel="tag"&gt;Walter Benjamin
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH96/bundesarchiv_bild_101i-027-1481-29__marseille__zersto_rung_des_alten_hafenviertels-a9ca0.jpg?1774528854' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Emmanuel Loi nous transmet cette d&#233;rive psychohistorique &#224; travers Marseille et Walter Benjamin qui fait &#233;cho &#224; la parution du livre de &lt;a href='https://www.quiero.fr/spip.php?article313' class=&#034;spip_in&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Delclos, Florent Perrier et Thomas Azu&#233;los&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; des villes telles Naples ou Marseille qui remangent sans cesse leurs conjonctions et d&#233;jections, le nouvel arriv&#233; se d&#233;couvre livr&#233; &#224; de nouvelles astreintes : qu'apportes-tu dans tes malles, que nous offres-tu en &#233;change de ta pr&#233;sence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;crire Marseille et non pas &#233;crire &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; Marseille est un d&#233;fi qui esp&#232;re toujours son Pessoa sur Lisbonne ou Joyce dans Dublin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Walter Benjamin a tout de suite &#233;t&#233; &#233;lectrocut&#233; par le brassage des &#233;nergies, l'encodage des fulgurances ainsi que par le tarissement de la promesse. Marseille ne peut tenir aucun de ses engagements. Il n'est plus question de faute de go&#251;t mais d'une dissolution de la notion de distance qui fait crisser dans les gravi&#232;res l'id&#233;e m&#234;me d'esprit critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Histoire est-elle un chemin sans retour ? Ou faite d'&#233;ternels retours, de coercition de la continuit&#233; et d'int&#233;gration de force des contraintes qui lui rendent sa visibilit&#233; apr&#232;s coup ? Quels que soient le ratio et le mode d'am&#233;nagement des grilles de lecture, lire l'Histoire reste illicite. Versions controverses, alibis, incitations, moratoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvons fermer tous les livres, nous n'en serons pas plus heureux. Ne rien savoir et avouer notre faiblesse &#224; scruter l'horizon en qu&#234;te de m&#233;moire. Non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des ruptures de ton sans op&#233;rateurs. Il nous a fallu longtemps pour retrouver la force atomiste des pr&#233;socratiques avec Wittgenstein et Pierce. La compacit&#233; de certaines pens&#233;es comprime l'all&#233;gorie. La peur du bonheur est-elle si vertigineuse, de sorte qu'il faille avoir honte de ne plus l'&#233;prouver commun&#233;ment, en communaut&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambivalence est au c&#339;ur de l'&#339;uvre de Walter Benjamin. Elle en est le moteur, le tissu majeur. L'art de d&#233;crypter, l'esprit de synth&#232;se &#233;tourdissant d'habilet&#233;, la f&#233;roce ing&#233;niosit&#233; de lancer des pistes de recherche peu d&#233;frich&#233;es, la soif d'un nouveau bruissement, ne cachent pas le forceps d'une m&#233;lancolie redout&#233;e comme indispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ambivalence entre l'hommage inv&#233;t&#233;r&#233; aux valeurs de la connaissance, au puits de lecture engrang&#233; dans les silos de biblioth&#232;ques et le rabot de la ponctuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit de contradiction le porte. Penser est un jeu qui doit assumer son potentiel de distributivit&#233;. Si la plupart des contemporains veulent voir un critique &#233;rudit, un philosophe de la nouvelle &#233;cole proche du journalisme, un pr&#233;curseur qui dialectise ethnologie, m&#233;canique des fluides et histoire des mentalit&#233;s, il n'en est pas moins pris pour un esprit complexe dont la f&#233;condit&#233; fait peur. Il n'arr&#234;te pas de ponctuer, de chercher &#224; contredire, &#224; lire entre les lignes de front. Ce qu'il y a en dessous, &#224; c&#244;t&#233;, de travers. Comment c'est maill&#233;. Sa grande passion reste en fait l'architecture. L'architectonique des motivations et des sublimations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville ne pouvait &#234;tre que le terrain de jeu par excellence. La sollicitation constante des affects, la sc&#233;nographie en mouvement, les stimuli entre l'orgie des offres, le calcul impossible des unit&#233;s, des faces des regards, la somme des trajectoires et des projections dans le bal ardent des sensations qui peut atteindre la t&#233;tanie, tout ceci forme le bain de l'urbanit&#233;. Le bain lustral et no&#233;tique. &#192; Berlin en premier puis Berne, Zurich, Paris Marseille, (Barcelone et New York &#224; l'horizon) juste avant l'&#233;chouage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin ne d&#233;testait pas la campagne, il ne s'y sentait pas actif. Pas transitif. L'absence de spectacle donn&#233; l'ennuyait. &#202;tre renvoy&#233; &#224; lui-m&#234;me comme sujet corporel &#233;tant sa propre matrice sans avoir la possibilit&#233; d'engloutir des nutriments artistiques et conceptuels jusqu'&#224; plus soif le menait pr&#232;s de la d&#233;solation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La curiosit&#233; ne vient pas de l'ignorance mais de l'innocence. De ce postulat qui n'&#233;dulcore qu'en partie le plaisir de la d&#233;couverte, il se fait fort de ne pas &#234;tre pr&#233;serv&#233;. Ce qui survient dans le lacis des rues, &#224; la terrasse des bistrots, &#224; un carrefour inopin&#233;, c'est ce qu'il n'attend pas. Le rien, l'al&#233;a, une incidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque d'&#234;tre d&#233;&#231;u ou ne pas &#234;tre re&#231;u par la ville vierge de tout souvenir, Benjamin ne sait o&#249; il va mais sait profond&#233;ment d'o&#249; il vient. Des tout premiers temps d'initiation o&#249; &#233;merveillement et d&#233;ception se jouxtent : &#171; Chaque enfance relie les victoires de la technique aux vieux mondes des symboles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attachement aux s&#233;ries de signes, &#224; un collier de signifi&#233;s, on le retrouve dans le cheminement narratif de l'errance chez W. G. Sebald, Guy Debord ou encore Jean-Christophe Bailly. Pour chaque &#233;criture, ses d&#233;placements et ph&#233;nom&#232;nes de condensation. Quand il &#233;crit &#224; Adorno le 27 mars 1938 : &#171; &lt;i&gt;C'est pour moi une vieille habitude d'&#234;tre s&#233;duit par les villes&lt;/i&gt; &#187;, il en a d&#233;j&#224; arpent&#233; un sacr&#233; nombre : San Gemignano, Fribourg, Blois, Rouen, Naples, Weimar, Ibiza. Le statut qu'il accorde &#224; Marseille, Paris et Berlin est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poursuite acharn&#233;e &#224; brasser de nouveau la volupt&#233; et la crainte des &#233;mois de l'enfance, il s'y heurte sans pouvoir l'&#233;prouver &#224; Marseille. Le quartier R&#233;serv&#233;, entre le Vieux-Port et le Panier avant son dynamitage par les Allemands en 1943, est id&#233;al pour outrepasser ses limites. Il y est plus que s&#233;duit, subjugu&#233;. Le port lui laisse une ouverture plus que restreinte &#224; la d&#233;marque, les sch&#233;mas de lecture &#233;chouent &#224; lister un br&#233;viaire des interceptions. Il a beau rappeler au tout d&#233;but d'&lt;i&gt;Enfance berlinoise&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Ne pas trouver son chemin dans une ville, &#231;a ne signifie pas grand-chose. Mais s'&#233;garer dans une ville comme on s'&#233;gare dans une for&#234;t, cela demande toute une &#233;ducation.&lt;/i&gt; &#187;, son go&#251;t inv&#233;t&#233;r&#233; pour la d&#233;rive y trouve tellement son compte qu'il est d&#233;sorient&#233;. La candeur reste toujours majeure, d'autres diraient l'inhibition. Des identit&#233;s multiples, nous en revendons tous les jours sous le boisseau. Se frotter &#224; la pl&#232;be, prendre le risque d'une plus grande distraction, s'oublier. &#192; la suite de Baudelaire et de De Quincey, il s'y livre. Mais les &#233;chappatoires fonctionnent de travers : la route de l'exil ne s'ouvre pas pour autant, le nom de Varian Fry lui est donn&#233;, les verrous restent intacts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Loi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;molition du quartier R&#233;serv&#233; vu par les Actualit&#233;s fran&#231;aises de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:56.25% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://fresques.ina.fr/sudorama/export/player/00000000065&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture&#034; allowfullscreen style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;Vid&#233;o ina.fr: La d&#233;molition du quartier du vieux port&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le plaisir a un prix et c'est le v&#244;tre
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		<dc:creator>Samuel
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		<dc:subject>Emmanuel Loi
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		<description>
&lt;p&gt;Prendre go&#251;t au legs et &#224; la poix, notre ferveur inconsciente et incontr&#244;l&#233;e envers le lien nous pousse &#224; discr&#233;diter l'attache. Elle pallie &#224; un sentiment de d&#233;mobilisation alors que l'arbitraire sait se montrer si g&#233;n&#233;reux que son caract&#232;re &#233;quanime ne fait pas de doute. Il y en a pour tout le monde. La bride intelligente sait retenir la voilure. Afin d'&#233;viter des conflits ouverts et trop visibles entre l'&#233;mergence de la pulsion et son &#233;clipse, d'instaurer une plage trop grande entre une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Mordicus par Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/archibras-8-8418e.jpg?1774528854' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Prendre go&#251;t au legs et &#224; la poix, notre ferveur inconsciente et incontr&#244;l&#233;e envers le lien nous pousse &#224; discr&#233;diter l'attache. Elle pallie &#224; un sentiment de d&#233;mobilisation alors que l'arbitraire sait se montrer si g&#233;n&#233;reux que son caract&#232;re &#233;quanime ne fait pas de doute. Il y en a pour tout le monde. La bride intelligente sait retenir la voilure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Afin d'&#233;viter des conflits ouverts et trop visibles entre l'&#233;mergence de la pulsion et son &#233;clipse, d'instaurer une plage trop grande entre une base de donn&#233;es des besoins les plus &#233;l&#233;mentaires et leur r&#233;gulation dans un temps imparti, la mesure moderne du conditionnement s'estime &#224; l'actualisation permanente de la p&#233;r&#233;quation frustration/satisfaction. Peu importe que la demande soit artificielle, reproductible et balis&#233;e, elle d&#233;bouche sur l'ouverture de comptes courants. Comment s'y retrouver dans le n&#233;goce de la perte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus tellement question dans les rituels virtuels de qualifier l'offre mais de sanctuariser l'offrande qui doit &#234;tre fluide, furtive et si possible peu mat&#233;rialis&#233;e (voire rechargeable). Ainsi l'obole, le fruit de l'offrande, peut se reproduire, corv&#233;able &#224; l'envi. La fabrique &#224; la d&#233;coupe a un grand avenir devant elle. Arriver &#224; faire croire qu'un d&#233;sir personnalis&#233; soit unique, que tel livre semble fait pour vous, qu'une maison correspond &#224; vos r&#234;ves, que vous &#234;tes le b&#233;n&#233;ficiaire et le d&#233;tenteur unique de cette occasion mirifique, est un tour de force. Le plaisir a un prix et c'est le v&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce &#224; la miniaturisation des emprunts, au rayonnement technologique des moyens de diffusion et de consommation, chaque participant a une chance ; le slogan illusionniste &#171; il n'est pas interdit de r&#234;ver &#187; gagne des zones peu couvertes par les r&#233;seaux de communication. Tout le monde sera servi. Le grand partage des valeurs se fait nommer croissance. Vous y avez droit, c'est un devoir d'y acc&#233;der. L'offre d'achat parvenue &#224; se faire passer pour un service &#224; la personne, c'est r&#233;ellement une soci&#233;t&#233; de soins. Une taxidermie de haute voltige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Loi&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;97&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.quiero.fr/IMG/jpg/archibras-8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH663/archibras-8-9ab99.jpg?1774528855' width='500' height='663' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Marc Brunier Mestas, gravure sur bois 2023, &lt;br&gt;(pour &lt;i&gt;L'Archibras&lt;/i&gt; de Charles Fourier chez Quiero)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le vide partag&#233;
</title>
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		<dc:creator>Samuel
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		<dc:subject>Emmanuel Loi
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		<description>
&lt;p&gt;Tout le monde peut avoir droit &#224; ce que la majorit&#233; d&#233;signe comme valable, unique, indispensable. Un virus, une info, un fake news. Il n'y a plus d'apr&#232;s, la prospective est raval&#233;e, d&#233;glutie dans une fugacit&#233; p&#233;remptoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au sein de cette surchauffe cybern&#233;tique de l'appr&#233;hension g&#233;n&#233;ralis&#233;e, quelles sont les cl&#233;s d'acc&#232;s qui puissent pr&#233;munir le script souverain de sa propre parole, de ses propres r&#234;ves ? Un effet paradoxal d'incertitude devient manifeste : si mon prochain est un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Mordicus par Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/man-ray-papier-181f2.jpg?1774528855' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout le monde peut avoir droit &#224; ce que la majorit&#233; d&#233;signe comme valable, unique, indispensable. Un virus, une info, un &lt;i&gt;fake news&lt;/i&gt;. Il n'y a plus d'apr&#232;s, la prospective est raval&#233;e, d&#233;glutie dans une fugacit&#233; p&#233;remptoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de cette surchauffe cybern&#233;tique de l'appr&#233;hension g&#233;n&#233;ralis&#233;e, quelles sont les cl&#233;s d'acc&#232;s qui puissent pr&#233;munir le script souverain de sa propre parole, de ses propres r&#234;ves ? Un effet paradoxal d'incertitude devient manifeste : si mon prochain est un facteur de risque, si l'autre est un objet de d&#233;fiance, comment ne pas concevoir la communaut&#233; comme l'endroit de tous les dangers, &#224; la fois la ronde et l'ar&#232;ne que je ne peux pas quitter et l'&#233;chafaud o&#249; je risque de devoir payer mon ali&#233;nation, ma mise en liens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'un s&#233;isme sanitaire mais d'une effraction de l'encodage m&#233;moriel et associatif de l'histoire des mentalit&#233;s. Ce qui a &#233;t&#233; vendu pendant des si&#232;cles comme la gloire de l'expansion &#8211; un monde des affaires florissant qui faisait vivre la cit&#233; &#8211; ne fonctionne plus ou de travers. Le brassage intensif des donn&#233;es, l'obligation de savoir et de r&#233;percuter, l'injonction d'&#234;tre inform&#233; de tout sur tout fait du sujet citoyen un client et une cible. Le maillage quasi inextricable des satisfecit et des donn&#233;es personnelles est en m&#234;me temps la r&#233;sultante et le tremplin de la mondialisation int&#233;gr&#233;e. L'exploitation &#224; outrance des ressources devrait en faire &#233;merger d'autres, qui pourrait le croire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut imaginer ne plus voyager &#224; l'autre bout de la plan&#232;te, qui con&#231;oit et accepte de ne plus manger de viande, de ne plus go&#251;ter &#224; la multitude des stades et des concerts, de surveiller ses approches et privil&#233;gier le contr&#244;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(La prise de risque est devenue une prise d'int&#233;r&#234;t)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revoir la logistique, d&#233;monter la grande distribution, refuser la tyrannie du CAC 40, chasser les agences de notation, le programme est si vaste que subversion et r&#233;gression peuvent se rejoindre. La notion de d&#233;croissance est plus que suspecte car ang&#233;lique. La position critique n'a pas sens que si nous proposons &#224; notre tour des &#233;bauches de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndrome de d&#233;veloppement, la survenue d'un fait &#233;pid&#233;miologique d&#233;signe &#224; tous notre friabilit&#233; face aux mutations. La pro&#233;minence des r&#233;seaux sociaux sur un lien r&#233;el et non virtuel est parlante. La place publique est devenue un foirail o&#249;, par n&#233;gligence ou atavisme, le pire est toujours envisageable. Cela s'appelle magistralement d'un vertige partag&#233; : le covide avec un e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Loi&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;84&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.quiero.fr/IMG/jpg/man-ray-papier.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/man-ray-papier-aef7d.jpg?1774528855' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Man Ray, &lt;i&gt;Lampshade, 1919-1954,&lt;/i&gt; &lt;br&gt;(aluminium peint, r&#233;plique de l'original de 1919)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#192; trop vouloir on ne voit plus
</title>
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		<dc:date>2023-08-03T16:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel
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		<dc:subject>Emmanuel Loi
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		<description>
&lt;p&gt;Dans cette deuxi&#232;me partie, Emmanuel Loi passe en revue deux livres de Marie-Jo Mondzain et St&#233;phane Zagdanski et prolongent sa r&#233;flexion sur l'image entam&#233;e dans le pr&#233;c&#233;dent article. &lt;br class='autobr' /&gt; Le livre de Marie-Jo Mondzain poss&#232;de un ton plus libertaire, affranchi, moins soumis ou intriqu&#233; &#224; la v&#233;n&#233;ration des blessures, au go&#251;t inv&#233;t&#233;r&#233; de la maculation des blessures. &lt;br class='autobr' /&gt;
De par sa refonte incessante, le monde industrialis&#233; a besoin de cautions pour masquer son entreprise. Pour assurer son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Mordicus par Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L113xH150/loi1-mort-dans-loeil-6e604.jpg?1774528855' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette deuxi&#232;me partie, Emmanuel Loi passe en revue deux livres de Marie-Jo Mondzain et St&#233;phane Zagdanski et prolongent sa r&#233;flexion sur l'image entam&#233;e dans le pr&#233;c&#233;dent article.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le livre de Marie-Jo Mondzain poss&#232;de un ton plus libertaire, affranchi, moins soumis ou intriqu&#233; &#224; la v&#233;n&#233;ration des blessures, au go&#251;t inv&#233;t&#233;r&#233; de la maculation des blessures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par sa refonte incessante, le monde industrialis&#233; a besoin de cautions pour masquer son entreprise. Pour assurer son d&#233;veloppement et se donner les conditions d'inexorabilit&#233; qui lui assurent son h&#233;g&#233;monie, il met en place des cycles changeants de production dont les param&#232;tres sont &#8211; dans le d&#233;sordre, dans le besoin de chaos montr&#233;, de march&#233; ouvert &#8211; l'accointance, le fac-simil&#233; ou la d&#233;calque, l'ajustement sans fin du besoin &#224; la demande, la nomination (la mise en avant d'un &#233;l&#233;ment pour le tout, le choix d'un nom comme marque, le jeu des prix et des r&#233;compenses : par exemple &#171; jeune talent &#187; &#171; miss France &#187;, la d&#233;couverte du quidam sacrifi&#233; &#224; mort m&#233;diatique) et l'interchangeabilit&#233; (un mot pour un autre, une notion pour une autre, un travail de commutation de la communaut&#233; pratiqu&#233; en douce).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cycles sont trait&#233;s de main de ma&#238;tre dans la mesure o&#249; ils occurrent &#224; chacun une place privil&#233;gi&#233;e de partenaire, de participant voire d'actionnaire ; chaque maillon est v&#233;hicul&#233; comme indispensable, sinon il n'y aurait point d'astreintes, de terrain et pas plus de toit au monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fortune de cette r&#233;partition est ph&#233;nom&#233;nale, du prestige est accord&#233; &#224; de l'anodin : tout est noy&#233;, la raret&#233; , la singularit&#233; avec la retape, confondues la provo et l'astuce, l'humour et la grossi&#232;ret&#233; &#187;, etc. etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'asymptote de cette contamination virale de l'indigence advenue du jugement personnel est pour St&#233;phane Zadangski li&#233;e &#224; l'essor de la cin&#233;matographie. La somme qu'il a publi&#233; aux &#233;ditions Mareen Sell en 2004, &lt;i&gt;La Mort dans l'&#339;il&lt;/i&gt; gronde tel un orage de chaleur. L'auteur s'&#233;tait d&#233;j&#224; signal&#233; avec un &lt;i&gt;Pauvre De Gaulle !&lt;/i&gt; et un &lt;i&gt;C&#233;line seul&lt;/i&gt; revigorants ; brillant, caustique et enflamm&#233;, un nouvel hussard form&#233; au mat&#233;rialisme de &lt;i&gt;Tel Quel&lt;/i&gt; prenait la parole en faisant une cl&#233; dans le dos aux vieilles valeurs &#233;cul&#233;es. La th&#232;se de Zadangski est, et elle n'est pas nouvelle, avec Socrate et Platon, depuis la lanterne magique et le diaporama de la &#171; camera oscura &#187;, qu'avec l'aide de cet outil la cin&#233;matique &#8211; l'art d'agencer les images et de recr&#233;er le mouvement - n'est qu'un vaste &#233;cran de fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre-th&#232;se commence tr&#232;s fort ; l'attaque sur les fr&#232;res Lumi&#232;re, sur M&#233;li&#232;s, Disney sont proprement instruites (comme on le dirait d'une proc&#233;dure judiciaire). D&#232;s son fondement et par l&#224; m&#234;me, par son fonctionnement technique et son entregent terrible avec la m&#233;canique du d&#233;sir, le cin&#233;ma assoit un imp&#233;rialisme de tutelle qui va de pair jouer de fa&#231;on radicale sur les parlers, les coiffures, les couleurs, les m&#339;urs. L'assujettissement &#224; un village global, la &lt;i&gt;recognition&lt;/i&gt; (le terme anglais &#233;tant plus fort que reconnaissance) de masse vont de pair, marchant ensemble - il reprend, sans les citer pour autant les th&#232;ses de Wittgenstein, Jean Baudrillard, de Paul Virilio, Umberto Eco, Ren&#233; Girard et autres &#8211; en un discours optimal sur le progr&#232;s, l'apanage du lib&#233;ralisme et de stock options. Capitalisme lourd, de guerre, comme l'industrie pharmaceutique, la sid&#233;rurgie, les nouvelles technologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acuit&#233; du regard de Zagdanski p&#233;n&#232;tre nombre de certitudes ; le probl&#232;me de la radicalit&#233; est de se ressourcer sans fin et, comme son nom l'indique, de fouiller la racine du sympt&#244;me jusqu'&#224; rendre celui-ci, &#224; force de ch&#226;timent et de retournement s&#233;mantiques et paradoxaux, translucide &#224; tout le moins banal. Le recours syst&#233;matique &#224; un &#233;chafaudage conceptuel hell&#233;nistique afin de certifier des pr&#233;monitions sent la rue d'Ulm, l'&#201;cole Normale Sup&#233;rieure ; les jeux de r&#244;le avec les divinit&#233;s grecques, les sentences sur les semences, les engendrements amphigouriques, les variations sur les traductions indiquent l'acharnement du carabin &#224; devenir m&#233;decin. Chien savant se transformant en roquet, en pit-bull puis en dogue. Le refus du dressage fait de tr&#232;s mauvais chiens de chasse. L'imp&#233;trant de la charge contre une industrie pr&#233;tendant &#224; l'art nuit &#224; son propos, par un exc&#232;s de bile et de foi en la validit&#233; de sa ma&#239;eutique. Voulant recourir &#224; un magist&#232;re de la pens&#233;e majestueuse, seule, non contamin&#233;e, voyante, le chercheur advient pol&#233;miste : il d&#233;nonce, juge, comptabilise, s&#233;pare le bon grain de l'ivraie, forme des &#233;quipes, joue tout seul. Compter les siens a toujours &#233;t&#233; un signe d'isolement sinon de d&#233;solation&#8230; Savoir qui sont les bons, qui nous sont favorables&#8230; s'accorder des ennemis pr&#233;f&#233;r&#233;s, il suffit de relire Laerce, Pascal ou Montaigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, les &#171; bons &#187; Baudelaire, Artaud, Hemingway, Wittgenstein, Picasso et de l'autre les &#171; cinol&#226;tres &#187; Andr&#233; Bazin, Jean Epstein (la liste des &#233;quipes avec leurs &#171; transferts &#187;, est trop longue pour &#234;tre cit&#233;e in extenso).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_866 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.quiero.fr/IMG/jpg/capa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L500xH372/capa-6f6e2.jpg?1774528855' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Robert Capa visant avec une cam&#233;ra Eyemo par Gerda Taro, mai 1937.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'acte d'accusation contre le cin&#233;ma et ses adorateurs suscite dans un premier temps une sorte d'adh&#233;sion : notre disposition et notre facilit&#233; &#224; &#234;tre bern&#233; auraient &#233;t&#233; jou&#233;es une fois de plus, se divertir et s'oublier est une salet&#233;, nous n'y avons pas pens&#233; auparavant, tous ces li&#232;vres soulev&#233;s forment une m&#233;nagerie, aurions-nous &#233;t&#233; l&#233;gers ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; poursuivre la lecture cependant, un sentiment de lassitude survient. Document&#233;, savant, souvent inspir&#233;, la charge contre l'illusionnisme prend des dimensions gargantuesques, la chasse aux pigeons advient fr&#233;n&#233;tique et notre Mercure bard&#233; de situationnisme et de casuistique l&#226;che des dards de tous c&#244;t&#233;s m&#234;me vers le ciel au risque de s'&#233;borgner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa th&#232;se est la suivante : le cin&#233;ma a &#233;t&#233; fabriqu&#233; de toutes pi&#232;ces, son essor fulgurant prouve &#224; l'envi que l'exploitation et la recherche de profits est sa seule ligne directrice. &#192; force de vouloir illustrer sa d&#233;monstration (et la vir&#233;e chez les dieux grecs vaut un beau p&#233;plum avec la nature du chant des sir&#232;nes et la couleur de rose des joues des starlettes &#8230;) il charge le tombereau &#224; outrance. Et quid du cin&#233;ma d'auteur : le rh&#233;teur amalgame dans sa ferveur iconoclaste les grands cr&#233;ateurs de Hollywood Cukor, David Lean, en dehors de quelques mentions favorables pour l'&#233;criture de Rosselini, aucun cin&#233;aste ne trouve gr&#226;ce. Tous des faiseurs, des usurpateurs et des sots. L'assemblage parano&#239;de, la globalisation des crit&#232;res, la confusion ressass&#233;e jusqu'&#224; la n&#233;crose entre id&#233;ogramme et pictogramme discr&#233;ditent la pertinence des analyses suggestives sur le montage, sur le tempo. La lecture de Baudelaire et de Heidegger par Zagdanski est roborative ; chineur de haute vol&#233;e, il poss&#232;de une truculence de la citation utilis&#233;e comme s&#233;catif ; il sait d&#233;caler les points de vue et cr&#233;er des ab&#238;mes de r&#233;flexion ; il mart&#232;le comme tous les bons rh&#233;teurs les assignations et sait par moments nous faire entendre le tonnerre de notre esclavage, la puissance de notre enlisement dans les images.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une tr&#232;s belle trouvaille : &#171; on n'est jamais mieux asservi que par soi-m&#234;me &#187; ne l'emp&#234;che pas de se quereller encore et encore contre un ennemi int&#233;rieur qui si&#232;ge dor&#233;navant avec le Homeland dans les maisons. Les s&#233;ries discriminatoires avec lesquelles l'&#233;quarrisseur de toute pens&#233;e constitutive de l'idol&#226;trie de l'ic&#244;ne sont toutes inqui&#233;tantes : falsification, dissimulation, etc. Surendettement du sous-entendu. Il y aurait une strat&#233;gie d&#233;lib&#233;r&#233;e de berner, de blesser, d'assigner, d'obliger que les &#171; machines assist&#233;es &#187; (bans de montage virtuel, AVID, etc) perp&#233;tueraient.&lt;br class='autobr' /&gt;
La confusion entretenue entre artificialit&#233; et technicit&#233; permet des extensions douteuses. L'occultation quasi permanente des travaux des historiens des sciences Bruno Latour, Roger Chartier, Agamben sur la symbolisation, l'ignorance de la pens&#233;e de Pierre Legendre sur la cl&#233;ricalisation du savoir p&#233;riment en grande part la position d'un assaillant (ou d'un d&#233;fenseur des Belles Lettres, ce privil&#232;ge de la litt&#233;rature et de la mati&#232;re langagi&#232;re sur le cin&#233;ma et la musique). La partialit&#233; et les fixations deviennent par trop saillantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; il y a de la mauvaise foi, r&#232;gne encore (de) la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de vouloir se distinguer &#224; tout prix, il appara&#238;t que le porteur de trait, que l'arbal&#233;trier voit la paille se gonfler dans son &#339;il, la gonade devient un emp&#234;chement et planter un drapeau tel que &#171; la po&#233;sie est la seule anarchie r&#233;elle, gratuite, irr&#233;cup&#233;rable par toute autre vis&#233;e qu'elle-m&#234;me &#187; ne co&#251;te pas lourd. La v&#233;locit&#233; d'expression n'indique pas la profondeur de la r&#233;flexion. Parti pris, jugements &#224; l'emporte-pi&#232;ce, cat&#233;gorisation extr&#234;me et comparatisme (r&#233;f&#233;rencer des propos ou des pens&#233;es entre eux en leur accolant des code-barres capricieux ex : l'&#233;loge de Bergson au d&#233;triment de Deleuze quand il semble &#233;vident que la lecture de &lt;i&gt;Zadig&lt;/i&gt; (nous pouvons le faire aussi) est impr&#233;gn&#233;e de le&#231;ons deleuziennes) prouvent une fois de plus que les inquisiteurs restent des intrigants et que r&#244;dent dans les couloirs des palais et autres bonbonni&#232;res du savoir de dr&#244;les de l&#233;muriens.&lt;br class='autobr' /&gt;
La charge qui aurait pu &#234;tre salutaire &#224; l'encontre de Godard, Serge Daney et Deleuze tourne &#224; l'eau de vaisselle de restoroute, la faiblesse des approximations de Godard, son art du paradoxe &#233;rig&#233; en jeu de mot, l'approche sensualiste du chroniqueur de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, la m&#233;connaissance profonde de Deleuze du cin&#233;ma en dehors des textes, tout ceci aurait m&#233;rit&#233; un autre traitement moins fallacieux. Avec les moyens intellectuels qu'il poss&#232;de, une &#233;rudition fournie, une science philosophique certaine, St&#233;phane Zagdanski aurait pu nous amener plus loin qu'une raillerie m&#233;prisante et &#233;lever le d&#233;bat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le confort de la pens&#233;e - il suffit de lire la critique de la presse de kiosque - garantit la paix. Somm&#233;e d'&#234;tre dans l'&#232;re de la duplication, pas besoin d'&#234;tre herm&#233;neute pour comprendre et assimiler que le divertissement est enfin parvenu l'aubaine royale ; si le caf&#233;-th&#233;&#226;tre fait le plein, si les com&#233;dies de moeurs boostent le box-office, (un film comme &lt;i&gt;Les Choriste&lt;/i&gt;s (9 millions d'entr&#233;es) aura capitalis&#233; 47 fois sa mise initiale, &#224; savoir 20 millions de francs) si le cin&#233;ma fran&#231;ais prend 38 % du march&#233;, c'est qu'il n'est plus besoin d'id&#233;aliser la conformit&#233; mais simplement de la reproduire en la mod&#233;lisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;pilogue touchant et pr&#233;cieux de sa somme (ath&#233;ologique ?), Zagdanski aurait pu &#233;voquer sans se m&#234;ler les ailes que l'industrie du cin&#233;ma en cas de r&#233;ussite repr&#233;sente avec les laboratoires pharmaceutiques et les grandes compagnies d'assurances (autres entreprises de racket) le secteur du capital-risque le plus juteux de l'&#233;conomie de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Loi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.quiero.fr/spip.php?article321' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(article pr&#233;c&#233;dent)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Bibliographies des livres dont on cause dans les deux articles :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;De la destruction&lt;/i&gt;, W. G. Sebald, Actes sud, 2004.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Images malgr&#233; tout&lt;/i&gt;, Georges Didi-Huberman, Minuit, 2003.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'attaque virulente de G&#233;rard Wajeman contre Didi-Huberman est parue dans la presse&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Devant la douleur des autres&lt;/i&gt;, Susan Sontag, traduit par Fabienne Durand-Bogaert, Bourgois, 2003.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'Image peut-elle tuer ?&lt;/i&gt;, Marie-Jos&#233;e Mondzain, Bayard, 2002 (r&#233;&#233;dition en poche en 2015).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La Mort dans l'&#339;il&lt;/i&gt;, St&#233;phane Zagdanski, Maren Sell, 2004 (disponible en PDF sur le site de &lt;a href=&#034;https://stephanezagdanski.wordpress.com/livres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;St&#233;phane Zagdanski&lt;/a&gt;).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'icone &#224; plein r&#233;gime
</title>
		<link>https://www.quiero.fr/spip.php?article321</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.quiero.fr/spip.php?article321</guid>
		<dc:date>2023-07-03T16:01:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel
</dc:creator>


		<dc:subject>Emmanuel Loi
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La m&#233;canisation des moyens de production et de reproduction des repr&#233;sentations imag&#233;es alt&#232;re le champ iconographique en son entier. Dans ce premier article sur l'image Emmanuel Loi renvoie &#224; sa lecture d'ouvrages de W. G. Sebald, Georges Didi-Huberman et Susan Sontag publi&#233;s au d&#233;but des ann&#233;es 2000. &lt;br class='autobr' /&gt; L'image est d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, son enfantement, sa guise, sa navigation sont param&#233;tr&#233;s de telle sorte qu'aucune alt&#233;ration non pr&#233;vue ne puisse &#234;tre accord&#233;e, en dehors du champ de l'art. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;/a&gt;

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&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH105/dresde_maxi-54834.jpg?1774701287' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;La m&#233;canisation des moyens de production et de reproduction des repr&#233;sentations imag&#233;es alt&#232;re le champ iconographique en son entier. Dans ce premier article sur l'image Emmanuel Loi renvoie &#224; sa lecture d'ouvrages de W. G. Sebald, Georges Didi-Huberman et Susan Sontag publi&#233;s au d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'image est d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, son enfantement, sa guise, sa navigation sont param&#233;tr&#233;s de telle sorte qu'aucune alt&#233;ration non pr&#233;vue ne puisse &#234;tre accord&#233;e, en dehors du champ de l'art. Chaque &#171; charg&#233; d'images &#187; a pour mission de dupliquer des messages conventionnels dits id&#233;ogrammatiques. Saturation et engorgement font qu'il n'y a plus d'images propres, l'auteur de la photo agit comme repreneur d'une id&#233;alisation ant&#233;rieure qu'il a engorg&#233;e, engloutie, assimil&#233;e de toutes fa&#231;ons. Si, par m&#233;garde ou volont&#233; de d&#233;marquage, il produit une lamelle d'espace-temps rep&#233;rable, d&#233;termin&#233;e comme telle, un instantan&#233; &#224; part, il verra &#8211; c'est le cas de le dire, &#8211; son travail remis&#233; dans un r&#244;le de partition. La photo inexpiable, la photo des moments ultimes : ex&#233;cutions, massacres, charges, d&#233;capitations, est recherch&#233;e dans un double mouvement de sacralisation et d'ex&#233;cration. Ce qui chute de la photo de douleur, de la terreur montr&#233;e, dans son r&#244;le d'&#233;dification, cerne le sentiment spoli&#233; de la commune appartenance. Les sc&#232;nes de torture comme jeux de soci&#233;t&#233;, les cellules des petites filles emmur&#233;es dans des arri&#232;re-cours, tout est montrable et identifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effraction d'un regard perdu rendue comme impossible, comme l'inatteignable, l'hym&#233;n&#233;e d'un d&#233;sordre, l'amalgame fait entre des photos choisies, un pan de pr&#233;sentations &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; et une seule vue, la pr&#233;f&#233;rence ou la mise en avant d'un clich&#233;, tout ceci, l'orientation du carrousel des images vise &#224; noyer le poisson.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; priori et par principe d'individuation, nous aurions des vues identiques sur le m&#234;me objet. Nous pourrions c&#233;der au simplisme et croire poss&#233;der alternativement cr&#233;dit, croyance, foi en des &#233;l&#233;ments de composition qui constituent une famille d'int&#233;r&#234;ts, une communaut&#233; d'esprit, une police de la vue.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;dification id&#233;ologique par t&#233;tanie, r&#233;pulsion, r&#233;probation marche &#224; plein r&#233;gime : ce r&#233;gime de terreur d&#233;nonc&#233; par W. G. Sebald dans &lt;i&gt;De la destruction&lt;/i&gt; et Georges Didi-Huberman dans &lt;i&gt;Images malgr&#233; tout&lt;/i&gt; au sujet d'un corpus d'images probl&#233;matiques (quatre clich&#233;s pris des camps et les vues des ruines de Dresde et Br&#234;me par la RAF) joue du vacillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons-nous bien ce que nous voyons ? La raret&#233; et l'exclusivit&#233; d'images fatidiques nous pousse dans nos retranchements d'hommes combl&#233;s d'ic&#244;nes, satur&#233; de tirages. L'hostilit&#233; rencontr&#233;e par l'anamn&#232;se et la longue et douloureuse dissertation de Didi-Huberman poss&#232;de sa logique interne. Ce dont parle avec une d&#233;lectation morose (quoiqu'il en dise) l'esth&#233;ticien irrite le psychanalyste et l'historien d'art G&#233;rard Wajeman. La pol&#233;mique est biais&#233;e : s'il existe des choses que l'on ne devrait pas voir, comment se fait-il qu'elles existent ? Un massacre bien document&#233; le rend-il plus abject, moins f&#233;roce ? Si, des camps d'extermination, il est support&#233; qu'aucune image ne puisse en repr&#233;senter l'horreur ou du moins l'existence, il est extr&#234;mement troublant et quelque peu p&#233;rilleux de voir un psychanalyste, en l'occurence G&#233;rard Wajeman dans le r&#244;le d'accusateur et d'inquisiteur. D'autant plus qu'ils sont travaill&#233;s par un fonds onirique et imaginaire commun et s'opposent &#224; propos d'interdits jugul&#233;s et diam&#233;tralement oppos&#233;s : l'occultation par sublimation, le &#171; &#231;a suffit &#187; de Wajeman pour le curetage obsessionnel et quasi maniaque de Didi-Huberman. Ce dernier n'en d&#233;mord pas : qui d&#233;termine ce qu'il faut voir ou ne pas voir, dire ou ne pas dire ? Son attitude talmudique sur quatre clich&#233;s pris de l'int&#233;rieur des camps appartient &#224; l'effroi m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L419xH550/auschwitz_resistance_280-0ebfb.jpg?1774701287' width='419' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Clich&#233; 280 (d&#233;tail). Image prise depuis l'int&#233;rieur de la chambre &#224; gaz du Krematorium V &#224; Auschwitz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime de l'ic&#244;ne est un r&#233;gime de r&#233;tribution. Tant qu'une image rend service, tant qu'elle &#171; rend &#187;, elle est bien venue, dupliqu&#233;e, mise en avant, sertie, s&#233;quenc&#233;e. Les images de honte et de contrition subissent un tout autre sort, elles sont l'objet de compilations sur les sites cr&#233;pusculaires, le fleuron d'antichambres psychiques o&#249; la scarification et d'autres rituels &#171; jou&#233;s &#187; d'abaissement et d'humiliation sont mont&#233;s en boucle. Se r&#233;f&#233;rer &#224; une image propre, &#224; une image juste &#8211; la gloriole du jamais vu, la recherche &#224; tout crin de l'in&#233;dit - affleure comme phantasme : non seulement la virginit&#233; laisse sceptique, une aurore de sentiments, une entame, un seuil, une nouveaut&#233; &#8230; mais la production de clich&#233;s, d'artefacts, de fac-simil&#233;s est advenue telle, &#224; la nanoseconde pr&#232;s, des millions d'images sont stock&#233;es, m&#226;ch&#233;es, coup&#233;es, saucissonn&#233;es, treuill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de l'unicit&#233; appauvrit le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usufruit de la raret&#233; n'est pas le manque mais son obligeance. La facult&#233; d'oublier, la facult&#233; d'oblit&#233;rer (qui sont s&#339;urs) ne doivent pas nous faire perdre de vue que le ressassement attise la culpabilit&#233; afin de l'&#233;touffer. Le spasme &#233;prouv&#233; &#224; la vue du rare, de l'impossible, de l'impensable ne certifie en rien qu'il a eu lieu, il pr&#233;nomme, il en est le pr&#233;sage, un espace qui situe son effraction, le r&#233;el comme &#233;cueil. L'int&#233;r&#234;t croissant pour l'archive insoutenable indique &#224; tous la d&#238;me &#224; payer : que fabriquons-nous comme tiers des tiers ? Pas de t&#233;moin privil&#233;gi&#233;, plus de neutralit&#233; envisageable, le r&#233;f&#233;rencement, le retour sur investissement de tout signe &#233;missaire cantonne dans l'espace du moindre faux pas. Plus une ic&#244;ne est transfigur&#233;e, plus elle est l' objet de pr&#233;dations incessantes plus elle fournit &#224; la machine le tribut qui l'alimente en la cisaillant, plus elle raye et parasite de fa&#231;on endocrinienne le dispositif pulsionnel manque/satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trivialit&#233; du don d'images - banque de donn&#233;es, complexes ou unit&#233;s d'espace, fils de d&#233;p&#234;ches &#8211; pr&#233;vient en g&#233;n&#233;ral d'observer le s&#233;quencement de la production in extenso. Le repr&#233;sentant de la repr&#233;sentation comme l'appelait Freud de fa&#231;on singuli&#232;rement pr&#233;coce &#224; l'aube de l'&#232;re du tout-image imbrique la v&#233;locit&#233;, la gloutonnerie, l'empilement, le remplacement d'une s&#233;quence par une autre, l'avalisation en permanence d'un pictogramme fort. Cette pouss&#233;e augmente la pr&#233;gnance volatile d'un r&#233;f&#233;rent flottant voire noy&#233;. Submersion et immersion dans la monstration d&#233;c&#233;r&#232;brent dans la mesure o&#249; la percussion du choc sp&#233;culaire en plan ou en volume (analogie ou rapprochement des champs d'exp&#233;rience) renforce et active l'oralit&#233;, pointe un regroupement, permet d'associer ou de dissocier, accentue les signes de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanisme incandescent de Susan Sontag, sa r&#233;probation envers tout signe la contraignent &#224; scruter les signes du mal comme l'envers d'une conduite publique ind&#233;cente. Elle n'admet pas, d&#233;nonce, rabroue. Dans &lt;i&gt;Devant la douleur des autres&lt;/i&gt;, elle commente le contenu et reproche l'exploitation de la d&#233;solation. Les portfolio d'humiliation et d'esclavage l'insupportent, son ton est juste et sa morale pieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup plus inqui&#233;tantes sont les positions de W. G. Sebald et G. Didi-Huberman. Travaillant tous deux sur la r&#233;futation, l'engloutissement des traces, ils n'en tirent aucune exemplarit&#233; d'une sagesse enfouie par exemple, d'un go&#251;t du vice ou d'un mill&#233;narisme honteux. Que l'homme industrialise les moyens de se d&#233;truire fait partie de son d&#233;veloppement, le commenter est une affaire d'id&#233;alisme. Que les bombardements de Dresde et de Br&#234;me en ao&#251;t et septembre 44 soient inscrits au chapitre des d&#233;bits et pertes, que les quatre photos de la putr&#233;faction de l'&#226;me &#233;chapp&#233;es d'Auschwitz analys&#233;es en 2004 dans &lt;i&gt;Images malgr&#233; tout&lt;/i&gt; ravalent tout film ou r&#233;cit construit au rang de charade, cela creuse encore plus notre doute au sujet de la mansu&#233;tude, de la distance critique, du r&#232;glement &#224; l'amiable entre un potentiel de r&#233;probation toujours renouvelable et les forces abyssales des limites rompues entre alt&#233;rit&#233;, fraternit&#233;, providence donn&#233;es comme forcloses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Loi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.quiero.fr/spip.php?article322' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la suite &#224; lire ici&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Bibliographies des livres dont on cause dans les deux articles :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;De la destruction&lt;/i&gt;, W. G. Sebald, Actes sud, 2004.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Images malgr&#233; tout&lt;/i&gt;, Georges Didi-Huberman, Minuit, 2003.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'attaque virulente de G&#233;rard Wajeman contre Didi-Huberman est parue dans la presse&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Devant la douleur des autres&lt;/i&gt;, Susan Sontag, traduit par Fabienne Durand-Bogaert, Bourgois, 2003.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;L'Image peut-elle tuer ?&lt;/i&gt;, Marie-Jos&#233;e Mondzain, Bayard, 2002 (r&#233;&#233;dition en poche en 2015).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;La Mort dans l'&#339;il&lt;/i&gt;, St&#233;phane Zagdanski, Maren Sell, 2004 (disponible en PDF sur le site de &lt;a href=&#034;https://stephanezagdanski.wordpress.com/livres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;St&#233;phane Zagdanski&lt;/a&gt;).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux savants, le savoir ; aux &#233;crivains, l'&#233;criture !
</title>
		<link>https://www.quiero.fr/spip.php?article295</link>
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		<dc:date>2023-03-09T15:09:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Emmanuel Loi
</dc:subject>
		<dc:subject>Denis Roche
</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un article de Denis Roche publi&#233; par la revue Chemin de ronde en 1983 et repris par la revue Axolotl en 1997. &lt;br class='autobr' /&gt; AUX SAVANTS, LE SAVOIR ; AUX &#201;CRIVAINS, L'&#201;CRITURE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La Science ayant dans le Langage trouv&#233; une confirmation d'elle-m&#234;me, doit maintenant devenir une Confirmation du Langage. &#187; St&#233;phane Mallarm&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici quelques ann&#233;es, voulant en avoir le c&#339;ur net (ou les reins soulag&#233;s), j'achetais, dans une librairie sp&#233;cialis&#233;e de la rue de l'Od&#233;on, un &#171; reprint &#187; de la c&#233;l&#232;bre &#233;tude (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Mordicus par Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Emmanuel Loi
&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.quiero.fr/spip.php?mot155" rel="tag"&gt;Denis Roche
&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.quiero.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/axolotl-51b7e.jpg?1774700801' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un article de Denis Roche publi&#233; par la revue &lt;/i&gt;Chemin de ronde&lt;i&gt; en 1983 et repris par la revue &lt;/i&gt;Axolotl&lt;i&gt; en 1997.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;AUX SAVANTS, LE SAVOIR ; &lt;br&gt;AUX &#201;CRIVAINS, L'&#201;CRITURE !&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Science ayant dans le Langage trouv&#233; une confirmation d'elle-m&#234;me,&lt;br class='autobr' /&gt;
doit maintenant devenir une Confirmation du Langage. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
St&#233;phane Mallarm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques ann&#233;es, voulant en avoir le c&#339;ur net (ou les reins soulag&#233;s), j'achetais, dans une librairie sp&#233;cialis&#233;e de la rue de l'Od&#233;on, un &#171; reprint &#187; de la c&#233;l&#232;bre &#233;tude que Claude L&#233;vi-Strauss et Roman Jakobson avaient consacr&#233;e, on s'en souvient peut-&#234;tre, aux &lt;i&gt;Chats&lt;/i&gt; de Baudelaire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les Chats &#187; de Charles Baudelaire, par Roman Jakobson et Claude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Plaquette de 21 pages, broch&#233;e kraft et typo raffin&#233;e de la revue &lt;i&gt;L'Homme&lt;/i&gt;, j'ai lu &#231;a dans un train qui m'emmenait quelque part en province parler devant des &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article avait paru en 1962, mais l'&#233;pisode de cette lecture se situe apr&#232;s 68, en plein &#226;ge d'or de ces kyrielles de rencontres chaleureuses et f&#233;condes que recteurs, doyens et autres chapelains d'universit&#233;s croyaient bon d'imposer, qui &#224; leurs &#233;tudiants en mal de loisirs &#171; politiques &#187; (dans ces temps b&#233;nis, souvenons-nous, mes fr&#232;res, que &lt;i&gt;toute &#233;criture &#233;tait politique !&lt;/i&gt;), qui &#224; des &#233;crivains en proie &#224; diverses culpabilit&#233;s et humeurs rentr&#233;es (&lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; la pr&#233;c&#233;dente parenth&#232;se) &#224; qui, bien entendu, on ne faisait jamais croire qu'en plus ils seraient pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lus donc l'&#233;tude, butant sur quelques assertions troublantes &#8211; du genre, &#224; propos du vers &#171; leurs reins f&#233;conds sont pleins d'&#233;tincelles magiques &#187; : &lt;i&gt;on est tent&#233; de croire qu'il s'agit de la force procr&#233;atrice, mais l'oeuvre de Baudelaire accueille volontiers les solutions ambigu&#235;s. S'agit-il d'une puissance propre aux reins, ou d'&#233;tincelles &#233;lectriques dans le poil de l'animal ?&lt;/i&gt; Quand je n'&#233;tais pas carr&#233;ment sid&#233;r&#233; par les d&#233;couvertes auxquelles se livraient, sur un territoire aussi peu explor&#233;, nos deux pr&#233;sum&#233;s Livingstone : &lt;i&gt;Le rapport &#233;troit entre le classement des rimes et le choix des cat&#233;gories grammaticales met en relief le r&#244;le important que jouent la grammaire ainsi que la rime dans ce sonnet.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, me disais-je, point n'est besoin d'avoir &#233;tudi&#233;, avec un talent si admirable, les m&#339;urs des Nambikwara, ou les patois limitrophes des peuples sovi&#233;tiques, pour en arriver l&#224;, mais qui sait ? N'ayant fait ni l'un ni l'autre, je me gardai de prendre position. Depuis, il faut bien le dire, des tentatives aussi os&#233;es de s'enfoncer dans le maquis cro&#251;teux de l'&#233;criture (les &#233;crivains seraient-ils quelque sous-ethnie perdue, aux yeux du Savoir ?) se sont multipli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins L&#233;vi-Strauss et Jakobson se sont-ils promen&#233;s l&#224;-dedans avec l'ing&#233;nuit&#233; d'un double-d&#233;cim&#232;tre. On ne peut pas en dire autant des entreprises cauchemardesques qui ont fleuri depuis ce lieu premier d'analyse litt&#233;raire o&#249; se sont rencontr&#233;s (chacun d&#233;tournant pudiquement les yeux de l'autre) le texte de Freud sur la &lt;i&gt;Gradiva&lt;/i&gt; de Jensen et celui dont il vient d'&#234;tre question. Mais Freud a eu le g&#233;nie de n'esquisser que trois, quatre pas de danse d&#233;finitifs l&#224; o&#249; ses dix mille enfants adeptes pi&#233;tinent en cadence, au sifflet s'accouplant comme des dingues &#224; de fortes structurales cod&#233;es et surcod&#233;es, tout &#231;a ensemble, en rangs, de chaire en estrade, de colloque en meeting, ne cessant d'enfanter &#224; nouveau une marmaille avide de tables d'&#233;coute et de barbel&#233;s, et pullulant tellement plus vite que les &#233;crivains eux-m&#234;mes, que les po&#232;tes, que m&#234;me les artistes, tous les artistes de la terre r&#233;unis. Comme des lapins, je vous dis, comme des lemmings. Incaressables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a trop longtemps voulu r&#233;duire l'id&#233;e d'&#233;criture (de po&#233;sie, surtout, alors) &#224; celle de religion &#8211; voulant la contraindre tout enti&#232;re comme le g&#233;nie dans la lampe d'Aladin &#8211; pour qu'il soit souhaitable aujourd'hui de se soumettre &#224; ceux qui veulent r&#233;duire l'art (et &lt;i&gt;surtout&lt;/i&gt; la litt&#233;rature) au social (c'est-&#224;-dire &#224; la consommation du plus grand nombre) et &#224; ce que j'appelle moi, plus g&#233;n&#233;ralement, le &lt;i&gt;soci&#233;tif&lt;/i&gt;. Comme si Dieu avait tout simplement chang&#233; de nom de code. Voyez comme on cherche &#224; justifier ce tour de passe-passe par l'emploi public qu'on fait aujourd'hui des productions des &#233;crivains et des artistes : les po&#232;mes d'Apollinaire sur les panneaux Decaux, la t&#234;te de Rimbaud sur les tranches des immeubles &#224; Grigny, les expositions d'art abstrait dans les usines Stuyvesant, quand ce ne sont pas les po&#232;tes (mais lesquels ?) qui posent complaisamment sur le quai d'un m&#233;tro o&#249; ils &#171; exposent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, en mati&#232;re d'&#233;criture, les savants sont comme les &lt;i&gt;Treets&lt;/i&gt; : fondants, mais propres. Leur propret&#233; est par&#233;e des apparences du sphinx : &#233;paisse, poudr&#233;e, g&#233;niale. Alors qu'une fois d&#233;couverts, ils brillent comme du formica et sont autonettoyants. De m&#339;urs stables, ils sont terriblement soci&#233;tifs : pourvoyeurs des &#201;tats, des Soci&#233;t&#233;s, des Peuples. Le savant ajuste donc au plus grand commun multiple, au plus fort soci&#233;table possible. Au but qui leur est &#224; tous commun, quoi qu'ils en disent : &lt;i&gt;l'industrialisation g&#233;n&#233;rale de la plan&#232;te&lt;/i&gt;, comme disait Pasolini. &#192; quoi concourt, sans aucun doute possible dans mon esprit, aussi bien le chimiste de la Thomson que le &#171; savant &#187; de l'enseignement sup&#233;rieur dont la fonction est de &#171; faire faire sens &#187; - comme ils disent &#8211; aux textes &#233;crits par d'autres. Volailles ratiocinant, leur salive est de miel (ils sont &#171; fondants &#187; en soci&#233;t&#233; comme &#224; la t&#233;l&#233; ou &#224; l'Acad&#233;mie) et leur plumage, leur ramage, leur fromage reluisants (&#171; propres &#187; &#224; souhait). De vrais &#171; Treets &#187; vous dis-je...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennui avec tous ces gens, qui confondent Savoir, Pouvoir, Connaissance, &#201;tat, Dialectique et Dieu en en faisant leur p&#226;t&#233;e commune et l'objet m&#234;me de leurs conf&#233;rences et de leurs travaux internationaux, c'est qu'ils sont comme ces milliers de traqueurs d'&#338;dipe dont je parlais tout &#224; l'heure : &#224; force de pi&#233;tiner en cadence et de s'&#233;poumoner &#224; expliquer &#224; tout bout de champ et &#224; tout le monde ce qui se passe, le sol, l'estrade en bois, le podium de leurs exploits, le tableau noir, tout ce qui est sous eux et autour d'eux, se craqu&#232;le et se l&#233;zarde et sent mauvais. Et ce n'est pas tout : voyez leur blouse qui se troue, leur nez qui bleuit, leur ventre qui va se foutre contre un mur, leurs yeux qui montent en chuintant s'&#233;craser au plafond devant leurs &#233;l&#232;ves &#233;bahis. Jusqu'&#224; leur pie-m&#232;re et leur dure-m&#232;re (&#244; fan d'&#338;dipe !) qui font entendre de curieux couinements et qui finissent par sortir en vraies furies de leurs cr&#226;nes en salissant tout sur leur passage ! Regardez : il y a des b&#233;casses sur leurs bureaux qui picorent comme si de rien n'&#233;tait, et des &#233;tourneaux qui leur courent sur le haricot&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bizarre, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gens-l&#224; devraient savoir, avant qu'il ne soit trop tard, que l'&#233;criture, comme la libert&#233;, ne se divise pas : en fiches, en barbel&#233;s, en diagrammes, rien n'emp&#234;che que &#231;a leur p&#232;te &#224; l'oreille, en musique, en folie, en trombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relisez ce passage du &lt;i&gt;Goulag&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Archipel du Goulag. 1918-1956, essai d'investigation litt&#233;raire par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; o&#249; Soljenitsyne &#233;voque ces hommes et ces femmes s&#233;par&#233;s par un barbel&#233; trop serr&#233; pour qu'ils puissent vraiment se rejoindre mais cependant suffisamment l&#226;che pour que, les femmes se mettant &#224; quatre pattes en tournant leurs fesses vers les hommes, ceux-ci les p&#233;n&#232;trent ais&#233;ment. &#192; travers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Roche&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Publication initiale : &lt;i&gt;Chemin de ronde&lt;/i&gt;, n&#176; 3, 1er trimestre 1983, non pagin&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Repris dans : &lt;i&gt;Axolotl&lt;/i&gt;, n&#176; 10, &#171; ng&#224;y 18 th&#225;ng n&#259;m 1997 &#187;, p. 20-25&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Les Chats &#187; de Charles Baudelaire&lt;/i&gt;, par Roman Jakobson et Claude Levi-Strauss, La Pens&#233;e sauvage, 1971. (premi&#232;re publication dans la revue &lt;i&gt;L'Homme&lt;/i&gt; en 1962)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Archipel du Goulag. 1918-1956, essai d'investigation litt&#233;raire&lt;/i&gt; par Alexandre Soljenitsyne, Le Seuil, 1973&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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